Le Centre d’éducation et d’action des femmes en lutte contre le harcèlement de rue

Le harcèlement de rue, c’est une forme de harcèlement sexuel, qui cible majoritairement des femmes dans les lieux publics (rue, parc, autobus, station de métro, arrêt d’autobus, transport adapté…). Des commentaires et des comportements sexistes, généralement commis par des inconnus. Contrairement au compliment, c’est dégradant et non-désiré. Contrairement à la séduction, qui implique une relation égalitaire et un consentement, c’est une intrusion dans l’intimité, insistante même en cas de refus. Ça crée un climat insécurisant et intimidant pour toutes les femmes, qui contribue à les exclure de l’espace public. Des exemples : quelqu’un vous siffle, vous fixe/déshabille du regard, vous suit, fait des commentaires sur votre apparence physique, vous demande des faveurs sexuelles, vous fait des attouchements, vous lance des insultes/menaces, des bruits de bisous, etc.

Les militantes du CÉAF définissent le harcèlement de rue comme un problème concernant l’ensemble de la société, nécessitant une large prise de conscience et des solutions collectives. Car celui-ci a des impacts négatifs sur l’accessibilité des femmes aux espaces publics, limitant leur possibilité d’y circuler et de les occuper librement, au même titre que les hommes, sans subir de violence. Or, on a constaté que dans notre quartier, bien que les enjeux de sécurité urbaine soient régulièrement abordés, on ne parle pas du harcèlement de rue, qui est pourtant l’une des principales raisons expliquant l’insécurité des femmes et des filles à se déplacer dans leur quartier, à occuper ses parcs et places publiques.

Le gouvernement du Québec défini l’agression sexuelle comme « geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée, portant atteinte à son intégrité et à sa sécurité ». Selon cette définition, le harcèlement de rue est une agression sexuelle. Malgré tout, le Service de police de Montréal (SPVM) ne dispose d’aucune statistique sur le harcèlement de rue. Nous supposons qu’à l’image des autres formes d’agressions sexuelles, il est peu dénoncé et probablement rarement pris au sérieux. Or, cela ne signifie surtout pas qu’il n’existe pas!

Voilà pourquoi les militantes du Centre déducation et d’action des femmes ont mis sur pied un comité de travail pour se pencher sur cette important question qu’est le harcèlement de rue dans le quartier. Dans un premier temps, elles ont créé un questionnaire en vue de récolter des témoignages de femmes et de filles afin de mesurer l’ampleur du harcèlement de rue à Montréal, et ainsi obtenir un portrait actuel de ce problème social largement banalisé et toléré. Nous invitons les femmes et les adolescentes du quartier à y répondre en suivant ce lien : https://goo.gl/chLCJo

De plus, les militantes du CÉAF ont rédigé un manifeste contre cette forme de violence sexiste, en vue de déconstruire les mythes largement véhiculés qui banalisent ces actes, culpabilisent les femmes ciblées et déresponsabilisent les harceleurs : http://www.ceaf-montreal.qc.ca/files/manifeste-harcelement-de-rue-ceaf-01.2017.pdf 

Finalement, samedi le 8 avril, au Cente Jean-Claude Malépart, le Centre d’éducation et d’action des femmes organise une journée de réflexion-partage sur le harcèlement de rue à Montréal, ouverte aux adolescentes et aux femmes. Intéressée à y participer? Inscrivez-vous au 514-524-3901.

Dans le Centre-Sud, refusons le harcèlement de rue! Parce que les espaces publics appartiennent à toutes autant qu’à tous, parce que les femmes doivent pouvoir y accéder, s’y sentir en sécurité et y circuler aussi librement que les hommes. Toute la société a un rôle à jouer pour y arriver!